« Accueillir l’inattendu permet de construire sa confiance » par Catherine Destivelle

Dans une interview donnée au Journal Lacroix en mai 2013, Catherine Destivelle partage l’anecdote suivante au journaliste Jean-François Fournel : « Un jour, on était tous dans la voiture, en vacances, j’ai demandé à mon père s’il voulait bien me déposer à La Grave dans l’Oisans, car je rêvais de faire le tour du massif toute seule. Il a réfléchi un moment puis il m’a dit : ‘‘D’accord, je te dépose et je reviens te chercher dans quinze jours, je pense que tu es capable de te débrouiller.” J’avais 14 ans. J’étais l’aînée, et il savait ce qu’il faisait, la preuve… » Autant vous dire que déjà, très tôt, cette alpiniste hors norme était prête pour accueillir l’inattendu. Et depuis, elle a fait rêver des générations entières.

Après des débuts remarquables en escalade (l’une des meilleurs grimpeuses mondiales), Catherine Destivelle a multiplié les exploits en Alpinisme en ouvrant une nouvelle voie aux Drus ou encore en ayant vaincu en solitaire les Grandes Jorasses, le Cervin et la face nord de l’Eiger.

9 mars 1992 – Ascension de la Face Nord de l’Eiger dans les Alpes – Photo prise d’hélicoptère par René Robert

En la rencontrant à l’édition 2019 du salon du survivalisme à Paris, je pensais rencontrer une aventurière, avide d’exploits. Eh bien non. J’ai rencontré une femme de projets, laissant peu de place au hasard, avec un secret pour accueillir l’inattendu : la préparation. La préparation et encore la préparation.

Quand Catherine Destivelle réalise ses projets, elle se sent presqu’invulnérable. Comme elle dit : Accueillir l’inattendu permet de construire sa confiance. En écoutant Catherine, on comprend rapidement que la gestion du risque est chez elle une seconde nature. Chaque course est anticipée, préparée quitte à inventer les outils dont elle aura besoin sur place, lors de l’ascension. Et cette préparation lui permet de mieux gérer l’incertain comme lors de cette première ascension du Peak 4111 dans la chaîne Ellsworth en Antarctique avec Érik Decamp où une chute lui a causé une fracture ouverte de la jambe. À 4 200 mètres, sans secours, ils sont descendus tous seuls, en restant concentrés sur une seule chose : la sécurité. Ils s’en sont sortis. Des années de préparation à gérer les coups durs.

Aujourd’hui, Catherine Destivelle est éditrice. Je vous invite d’ailleurs à parcourir les ouvrages publiés aux Éditions du Mont Blanc 😉

Pour aller plus loin, quelques lectures :
L’Alpinisme, la saga des inventions
Ascensions, pour découvrir les voyages vertigineux de Catherine Destivelle
Vaincre ses peurs, ou Comment atteindre ses objectifs les plus fous en apprenant à surmonter ses craintes et ses doutes en situations critiques… ou pas.

Et quelques photos prises par le photographe René Robert qui a accompagné Catherine Destivelle dans ses ascensions les plus vertigineuses : renerobert.net

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